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mars 25, 2026Est-ce que combiner hijama et kinésithérapie est efficace — c’est une question que de plus en plus de patients posent dans les cabinets. Et honnêtement, c’est une question qui mérite une vraie réponse — ni le rejet catégorique de ceux qui n’y croient pas, ni l’enthousiasme aveugle de ceux qui y voient un remède universel.
La réalité est quelque part entre les deux. Et elle est plus intéressante que vous ne le pensez.
Au Maroc, le hijama — la thérapie par ventouses avec scarification — est une pratique ancestrale profondément ancrée dans la culture et dans la médecine prophétique. La kinésithérapie, elle, est une discipline scientifique moderne. Deux univers que tout semblait opposer. Et pourtant, des praticiens de plus en plus nombreux — y compris des kinésithérapeutes formés dans les meilleures universités — observent quelque chose d’intéressant quand les deux sont combinés.
Dans cet article, on vous explique ce qu’est vraiment le hijama, ce que la science dit à son sujet, et pourquoi sa combinaison avec la kinésithérapie commence à faire parler dans le milieu médical marocain.
Est-ce que combiner hijama et kinésithérapie est efficace

Le hijama : qu’est-ce que c’est vraiment ?
Avant d’aller plus loin, posons les bases. Le hijama est souvent mal compris — soit idéalisé, soit caricaturé.
Définition et origines
Le hijama est une technique thérapeutique qui consiste à appliquer des ventouses sur la peau pour créer une dépression — une aspiration — qui attire le sang vers la surface. Dans sa forme la plus complète, elle inclut de légères scarifications de la peau avant l’application des ventouses pour permettre l’évacuation d’une petite quantité de sang.
Cette pratique existe depuis des millénaires. Elle est mentionnée dans les textes de médecine prophétique islamique, dans la médecine traditionnelle chinoise, dans la médecine grecque antique avec Hippocrate. Elle a traversé les siècles et les civilisations — ce n’est pas un hasard.
Au Maroc, le hijama est pratiqué depuis des générations. Il connaît aujourd’hui un renouveau significatif, porté à la fois par un retour aux médecines traditionnelles et par un intérêt croissant des jeunes professionnels de santé pour les approches complémentaires.
Hijama sec vs hijama humide
Il existe deux formes principales :
Le hijama sec — ventouses sans scarification. Crée une aspiration cutanée et sous-cutanée. Utilisé pour les contractures musculaires, les tensions, la relaxation. Moins invasif, sans effusion de sang.
Le hijama humide — ventouses avec scarifications superficielles. Permet l’évacuation d’une petite quantité de sang. C’est la forme traditionnelle classique, celle mentionnée dans les textes prophétiques. Plus puissante selon ses praticiens, plus encadrée médicalement.
💡 Bon à savoir : Le hijama humide est une technique médicale qui doit être réalisée dans des conditions d’hygiène strictes — matériel stérile à usage unique, praticien formé, respect des contre-indications. Un hijama mal réalisé peut exposer à des infections sérieuses. Choisissez toujours un praticien sérieux et formé.
Ce que la science dit sur le hijama
Soyons honnêtes — et c’est précisément ce qui rend ce sujet intéressant.
La recherche scientifique sur le hijama est encore limitée par rapport aux thérapies conventionnelles. Mais elle existe. Et certains résultats sont suffisamment solides pour mériter attention.
Les études disponibles
Une revue systématique publiée dans le Journal of Alternative and Complementary Medicine a analysé plusieurs études cliniques sur le hijama pour les douleurs musculosquelettiques. Les conclusions sont prudentes mais encourageantes : le hijama montre des effets positifs sur la réduction de la douleur chronique, notamment pour les lombalgies, les cervicalgies et les tendinopathies.
Une étude iranienne sur des patients souffrant de douleurs cervicales chroniques a montré une réduction significative de la douleur après 3 séances de hijama — comparables aux résultats obtenus avec les anti-inflammatoires sur la même période.
Des travaux sur le hijama et la migraine ont également montré des résultats intéressants — avec une réduction de la fréquence et de l’intensité des crises chez une partie des patients traités.
Les mécanismes proposés
Pourquoi le hijama agirait-il sur la douleur ? Plusieurs hypothèses sont avancées par les chercheurs :
- Effet de décompression mécanique : l’aspiration des ventouses étire les tissus mous en profondeur, libère les adhérences fasciales et améliore la microcirculation locale
- Stimulation des points réflexes : comme l’acupuncture, le hijama activerait des points spécifiques du système nerveux périphérique qui modulent la perception de la douleur
- Effet anti-inflammatoire local : l’évacuation du sang stagnant dans les tissus réduirait la concentration de médiateurs inflammatoires au niveau des zones douloureuses
- Activation du système immunitaire : la réponse immunitaire locale déclenchée par le hijama humide stimulerait des mécanismes de réparation tissulaire
Ces mécanismes ne sont pas encore complètement élucidés. Mais ils sont suffisamment plausibles pour justifier l’intérêt de la recherche — et pour expliquer les résultats cliniques observés par les praticiens.
⚠️ Mise en garde : Le hijama ne remplace pas un traitement médical établi pour les pathologies sérieuses. Il ne guérit pas une hernie discale, une fracture ou une maladie neurologique. Son intérêt est dans la complémentarité — pas dans la substitution.
Kinésithérapie et hijama : pourquoi la combinaison est logique
C’est là que la réflexion devient vraiment intéressante.
La kinésithérapie et le hijama ont des modes d’action différents mais complémentaires. Quand on y réfléchit sérieusement, leur combinaison n’est pas seulement surprenante — elle est logique.
Ce que chaque approche apporte
Le hijama apporte :
- Un soulagement rapide de la douleur — souvent dès la première ou deuxième séance
- Une décompression des tissus mous superficiels et profonds
- Une amélioration de la circulation locale
- Un effet relaxant sur les contractures musculaires réflexes
- Une réduction de l’inflammation dans les zones ciblées
La kinésithérapie apporte :
- Un diagnostic précis de la structure anatomique impliquée
- Un renforcement musculaire durable
- Une correction des déséquilibres posturaux
- Une rééducation fonctionnelle complète
- Une prévention des récidives sur le long terme
Le hijama comme préparateur de terrain pour la kiné
Voilà l’intuition que de nombreux praticiens marocains partagent aujourd’hui.
Quand un patient arrive en cabinet avec des contractures musculaires importantes, une douleur intense qui limite tous les mouvements — commencer directement par les exercices actifs de kinésithérapie est difficile. Le corps résiste. La douleur bloque le travail.
Une ou deux séances de hijama sec en amont peuvent décontracturer les tissus, améliorer la circulation locale et réduire suffisamment la douleur pour que la kinésithérapie active puisse commencer dans de meilleures conditions. Le kinésithérapeute trouve alors un corps plus réceptif, des muscles moins défensifs, un patient plus à l’aise.
C’est exactement la même logique que de faire précéder la kiné d’une infiltration anti-inflammatoire — sauf que le hijama est moins invasif, sans médicament, et culturellement très bien accepté par les patients marocains.
Les pathologies où la combinaison montre les meilleurs résultats
D’après les retours des praticiens qui combinent les deux approches au Maroc, les pathologies qui répondent le mieux sont :
- La lombalgie chronique : le hijama sur les points lombaires réduit les contractures para-vertébrales, libère le terrain pour le travail de stabilisation en kiné
- La cervicalgie chronique : contractures cervicales et dorsales hautes répondent bien à l’association hijama sec + mobilisations kinés
- Les tendinopathies chroniques : épaule, genou, tendon d’Achille — le hijama local améliore la vascularisation des tendons mal irrigués
- Les douleurs post-traumatiques : après entorse ou contusion, le hijama réduit l’hématome et l’œdème résiduel, accélérant la récupération
- La fibromyalgie : les patients fibromyalgiques tolèrent souvent mieux le hijama sec que les techniques manuelles classiques — moins agressif sur des tissus hypersensibles
Comment se passe concrètement une séance combinée hijama-kiné ?
Il n’existe pas de protocole standardisé — chaque praticien développe son approche. Mais voici comment fonctionne généralement une prise en charge combinée bien organisée.
Étape 1 — Bilan kinésithérapique complet
Avant tout, le kinésithérapeute réalise son évaluation habituelle. Diagnostic précis, zones douloureuses, amplitude articulaire, force musculaire, posture. C’est ce bilan qui guide ensuite le placement des ventouses.
Étape 2 — Séance de hijama ciblée
En fonction du bilan, le praticien — qui peut être le kinésithérapeute lui-même s’il est formé au hijama, ou un praticien hijama partenaire — applique les ventouses sur les zones identifiées. Pas n’importe où. Sur les contractures musculaires, les points d’acupression correspondant aux zones douloureuses, les zones de congestion tissulaire.
La séance dure généralement 20 à 30 minutes.
Étape 3 — Repos de 24 à 48 heures
Après le hijama humide, une période de repos est recommandée. Le corps a besoin de récupérer de la réaction tissulaire locale. Pendant cette fenêtre, pas de kiné active.
Étape 4 — Séances de kinésithérapie
À partir du lendemain ou du surlendemain, les séances de kiné commencent — ou reprennent si elles étaient déjà en cours. Les praticiens observent souvent que les exercices sont mieux tolérés, les amplitudes articulaires améliorées et la réponse au traitement plus rapide.
Quelle fréquence ?
Le hijama n’est pas une thérapie à faire toutes les semaines de façon indéfinie. En général :
- Phase aiguë ou sub-aiguë : 1 séance de hijama toutes les 2 à 3 semaines, combinée à 2 à 3 séances de kiné par semaine
- Phase d’entretien : 1 séance de hijama par mois, kiné 1 fois par semaine ou selon les besoins
Hijama au Maroc : trouver le bon praticien
C’est peut-être la partie la plus importante de cet article.
Le hijama est en plein essor au Maroc. Et avec cet essor vient malheureusement une augmentation des pratiques non encadrées. Des personnes sans formation sérieuse proposent des séances dans des conditions d’hygiène insuffisantes — exposant les patients à des risques réels d’infection.
Ce qu’il faut vérifier absolument
- La formation du praticien : a-t-il suivi une formation certifiée ? Par qui ? Combien de temps ?
- L’hygiène du matériel : ventouses stérilisées ou à usage unique, gants, lancettes stériles, désinfection de la peau
- Le recueil des antécédents médicaux : un praticien sérieux vérifie toujours les contre-indications avant de commencer
- Les locaux : un cabinet propre, organisé, avec le matériel adapté
Les contre-indications absolues au hijama
Certaines situations rendent le hijama contre-indiqué — un praticien formé les connaît et les respecte :
- Troubles de la coagulation ou traitement anticoagulant
- Grossesse
- Anémie sévère
- Maladies de peau actives sur les zones ciblées
- Diabète mal équilibré
- Immunodépression sévère
- Insuffisance rénale ou hépatique grave
Ce que les kinésithérapeutes du réseau observent sur le terrain
Au Maroc, des kinésithérapeutes pratiquant dans les grandes villes — Casablanca, Rabat, Marrakech, Fès, Tanger — commencent à intégrer ou à collaborer avec des praticiens hijama. Les retours du terrain sont globalement positifs — avec une nuance importante.
Ce n’est pas le hijama seul qui fait la différence. C’est la combinaison réfléchie avec la kinésithérapie qui produit des résultats supérieurs à chacune des deux approches prises isolément.
Le hijama ouvre une fenêtre thérapeutique. La kinésithérapie exploite cette fenêtre pour construire quelque chose de durable.
C’est cette complémentarité — entre tradition et science moderne, entre soulagement rapide et reconstruction fonctionnelle — qui explique pourquoi cette combinaison surprend de plus en plus les praticiens. Et convainc de plus en plus de patients.
💡 Conseil pratique : Si vous souffrez de douleurs chroniques résistantes aux traitements classiques, parlez de cette option à votre kinésithérapeute. Demandez-lui s’il a l’habitude de travailler en coordination avec des praticiens hijama. L’approche combinée mérite d’être explorée — avec les bonnes personnes et dans les bonnes conditions.
Les questions que tout le monde pose
Le hijama est-il halal ?
Oui — le hijama est mentionné dans les hadiths du Prophète Muhammad ﷺ et est considéré comme une sounna recommandée. Il est pratiqué depuis des siècles dans le monde musulman et fait partie intégrante de la médecine prophétique.
À quelle fréquence peut-on faire du hijama ?
La tradition recommande certaines dates lunaires spécifiques — notamment le 17, 19 et 21 du mois lunaire. En pratique clinique moderne, la fréquence est adaptée à la pathologie et à la réponse du patient — généralement pas plus d’une fois toutes les deux semaines.
Le hijama fait-il mal ?
Le hijama sec est généralement indolore — une sensation de succion, parfois légère chaleur. Le hijama humide implique de petites scarifications superficielles — la douleur est généralement faible et brève, souvent comparée à un pincement.
Peut-on faire du hijama et de la kiné le même jour ?
Pour le hijama sec, oui dans certains cas — à voir avec votre praticien. Pour le hijama humide, il est généralement recommandé d’attendre 24 à 48 heures avant de reprendre les séances de kinésithérapie active.
Est-ce remboursé au Maroc ?
Le hijama n’est pas pris en charge par la CNSS ou les mutuelles au Maroc — c’est une pratique de médecine traditionnelle non conventionnelle. Le coût d’une séance varie généralement entre 150 et 400 DH selon le praticien et la ville.
Conclusion
Est-ce que combiner hijama et kinésithérapie est efficace au Maroc ? Les données disponibles, les observations cliniques et le bon sens thérapeutique convergent vers une réponse positive — à condition que la combinaison soit réfléchie, encadrée et pratiquée par des professionnels formés.
Le hijama n’est pas une alternative à la kinésithérapie. La kinésithérapie n’invalide pas le hijama. Les deux approches, bien combinées, peuvent offrir à certains patients ce qu’aucune des deux n’aurait pu offrir seule — un soulagement rapide et une récupération durable.
Si vous souffrez de douleurs chroniques et que les traitements classiques n’ont pas suffi, explorez cette piste. Avec les bons professionnels, dans les bonnes conditions.
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